Trans-portées

« Trans-portėes » tisse la spiritualité des chants de Lalon, grande figure de la culture bengali du XIX°siècle, et les hymnes à l’amour absolu du poète bangladais contemprain Muhammar Manzour. Entrelacement de deux élans du coeur et de l’esprit, mais aussi rencontre de deux univers a priori éloignés dans l’espace et le temps: celui issu de la tradition soufie porté par l’art de Farida Parveen et celui né de mon imaginaire forgé dans l’héritage des oeuvres classiques et contemporaines occidentales.

J’ai bâti la forme de ce « Voyage de l’écoute » à partir de six chants du répertoire de Farida Parveen que j’introduis par un prélude instrumental. Celui-ci porte en lui toute la dramaturgie à venir qui rassemble dans le creuset des émotions la spritualité et la passion amoureuse. Puis les musiques, les voix s’alternent, se confrontent, s’enchainent en se superposant parfois, se répondent laissant deviner de subtiles correspondances ou assumant des oppositions qui rythment le parcours de l’écoute. A un moment stratégique les deux univers se rejoignent dans l’évocation de « la nuit mystique » avant de se séparer à nouveau, pour culminer dans une intensité, une incandescence expressive qui ouvre sur l’intėriorité bouleversante de l’ultime chant de Lalon « Shomoy gele shadom hobe na». Celle-ci se résoud dans le chant a cappella des deux voix qui bouclent ce voyage par une promesse énoncée en Bengali et en Français: «Si tu laisses passer le temps, tu auras gâché le temps ». Ce qui peut être compris comme le temps de la prière aussi bien que celui de l’amour.

LC

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